Albert Baronian

Changha Hwang

18 March 2005 — 16 April 2005

Rue Isidore Verheyden 2

Depuis sa dernière exposition à New York, Changha Hwang a étendu son champ d’exploration et les possibilités de sa méthode de hasard et de négation. Les compositions excessivement saturées se situent à la juxtaposition de microcosmes précisément contrôlés qui se subvertissent et se nient les uns et les autres tandis que la palette permet n’importe quel type d’expérimentation chromatique.

 

L’approche orientale de Changha pour les jeux et le hasard semble une métaphore ambiguë des multiples possibilités qu’offre la cyber technologie. Il découvre, dans le langage de l’abstraction, une nouvelle manière de désorganiser la composition, stimulant ainsi le spectateur à continuellement zoomer en avant et en arrière de l’image, offrant de multiples vues coexistantes suggérant l’écran d’ordinateur et le nouvel écran de télévision tout en nous mettant au défi de suivre simultanément de nombreuses chaînes différentes.

 

L’idée de faire de l’adjonction de nouveaux signes au langage de l’abstraction un objectif continu fait de Changha le disciple d’artistes tels que Jonathan Lasker ou Fabian Marcaccio qui intègrent méthodiquement de nouvelles langues vernaculaires issues de la pop ou de la technoculture à leur œuvre.

 

Outre les multiples possibilités de cyber vision, on retrouve aussi de nombreuses implications émotionnelles d’une grande variété, s’étendant d’un univers enjoué de jouets d’enfant aux brouillards électriques urbains à consonance jazzy.

 

La tension induite par ses stratifications géométriques pénètre l’œuvre d’une énergie cérébrale obsédante, peu éloignée de Yagoi Kusama ou Atsuko Tanaka, où les schémas et les circuits, les cellules et les particules restent en marge de la planification urbaine et du bouillonnement de l’esprit.

 

L’énergie générée par les structures multiples de Changha rappelle une implosion où les rythmes linéaires sont rapprochés jusqu’au point de rupture mais se résolvent alors à nouveau en une harmonie mathématique enjouée, peut-être une manifestation de nos vies séduisantes mais dangereuses.