Albert Baronian

Jan Van Imschoot

13 November 2003 — 24 December 2003

Rue Isidore Verheyden 2

Ce qui importe avant tout chez Jan Van Imschoot, c’est outre l’autonomie du tableau, la conviction que la représentation d’un certain sujet illustre la limitation à l’un des nombreux points de vue possibles. Aussi la production de cet artiste n’est-elle jamais introspective. A partir du début des années 1990, il emprunte ses thèmes à des photos qu’il trouve dans des ouvrages traitant de l’histoire mondiale, dans des journaux et des revues, ou à des affiches de propagande pour des régimes disparus.

 

Van Imschoot affiche une prédilection pour les épisodes sombres de l’histoire de l’humanité. Dans ses représentations de dictateurs qui saluent, ses images de torture, d’exécutions, etc…, il prête une dimension nouvelle à la peinture d’histoire, qui est pratiquement restée dans l’ombre depuis Manet. Par leur intensité dramatique – et leur notoriété -, nous ressentons les événements du passé – une nouvelle fois représenté – quasi comme des mythologies récurrentes.

 

Van Imschoot s’intéresse aussi au portrait et au nu. Il présente ses divers sujets en les regroupant, de sorte qu’ils donnent l’impression de faire référence de façon singulière les uns aux autres et invitent à la réinterprétation.

 

Nous voyons parfois des personnages étranges, indéfinis, détachés de leur propre silhouette ou image. Van Imschoot traite toujours ses sujets de façon à créer une distance avec le spectateur : il les représente à la limite de l’identifiable ou applique une grille au premier plan ou à l’arrière-plan si bien que nous avons l’impression d’une bande de film ou d’un négatif photographique, d’une épreuve oubliée montrant un événement passé qui ne se répétera plus jamais.

 

En évitant tout effet de profondeur et tout illusionnisme, Van Imschoot rappelle constamment au spectateur qu’il se trouve devant un tableau et non devant le sujet représenté.

 

 

Flor Bex in L’Art en Belgique depuis 1975, pg. 77